Saturday, January 15, 2005

Épilogue - suite et poursuite

Épilogue - seconde partie

L'ère post-Baïkal

Nous étions rendus à la période qui suit le retour de l'expédition en Sibérie. Au mois de novembre donc. Pour faire un résumé bref, il n'y avait pas encore de neige à ce moment-là; celle-ci n'est arrivée que 2 ou 3 semaines plus tard. Ce qui a d'ailleurs donné lieu à une mémorable bataille de neige regroupant presque tous les habitants de l'obshijitie. Sans exagération, on devait être une bonne trentaine à se lancer des boules de neige. Par la suite, les gens se sont mis à jouer au soccer des neiges et, pour ma part, je suis allée me réchauffer à l'intérieur. En général, je me suis tenue un peu plus tranquille au mois de novembre. J'ai eu des moments d'études et des moments de cinéma pas cher (parce qu'on a découvert un cinéma qui propose des films de répertoire à 2 dollars juste à côté de l'université...) Et, en gros, voilà. Je n'ai pas vraiment de faits saillants à relater à propos de cette période, je dois avouer... Le train-train, quoi; les cours avec Maya, l'enseignement, de plus en plus pénible et sporadique avec les deux petites filles et quelques sorties avec des amis. Ah oui, et beaucoup de lecture - et, j'Ai FINI GUERRE ET PAIX!!!!!! Sérieusement, ce livre là est vraiment très très long. C'est très bon aussi, mais diantre! Il faut dire que je n'ai pas perdu la manie de lire plusieurs livres en même temps, alors avec Guerre et paix ça rallonge drôlement le processus. Bref. J'ai aussi découvert Salinger - mais il faut le lire en anglais je dis, parce que j'avais déjà essayé en français et franchement, ça n'était pas aussi intéressant il me semble...

Les vacances de Noël

Bon, quand même un peu plus d'actualité comme thème! Quelque part en décembre, j'ai "rencontré" de nouveaux amis Québécois. En fait, je les connaissais déjà mais jusque-là, je n'avais pas passé beaucoup de temps avec eux. Il faut dire que l'ambiance de l'obshijitie s'est transformée de manière étonnante après l'arrivée de la première neige. Il semble qu'un grand vent de folie est balayé Moscou. Les "Vetcherinka" - les party, quoi, se sont mis à se multuplier à travers les salons des divers étages. D'abord un peu ennuyée, parce que le bruit m'empêchait de dormir, je me suis finalement rangée du côté des festivants à la fin de la session. Après tout, les fêtes arrivaient rapidement et il y avait quelques Québécois qui nous quittaient définitivement. J'ai eu peur pendant quelques jours de me retrouver toute seule dans l'obshijitie désert pour Noël et le jour de l'an - d'autant plus qu'Hervé St-Amand parlait d'aller voyager en Europe, mais en fin de compte, il s'est avéré que les Québécois avec qui j'avais commencé à sympathiser restaient dans les parages (enfin, à l'exception de l'un d'entre eux, hélas...) Fin décembre, nous avons donc décoré le salon du 9eme étage (le nôtre) dans l'obshi. déserté(e) (je suis embêtée... Obshijitie est neutre en russe...) Sans blague, il restait à peu près 10 personnes dans tout le bâtiment!

La Datcha

Pour Noël, nous avons donc décidé de louer une datcha pas très loin à l'extérieur de Moscou, dans une campagne environnante. C'était vraiment chouette - en fait, mais vous savez déjà tous ça je suppose; je vous l'ai déjà raconté je crois. Bref, c'était une place réservée aux compositeurs à l'époque soviétique. Il y avait le même genre d'endroits de vacance pour les écrivains, par exemple, où on leur offrait la possibilité de louer une petite maison à bas prix. Bref, c'était vraiment bien, dans un genre de petit village de datcha avec des arbres et tout. La datcha était chauffée par des poêle à bois de type russe et ça nous a pris quelques temps (en fait je dis:"nous" mais c'est plutôt les gars qui se sont occupés de chauffer...) pour comprendre le fonctionnement du poêle russe... EN général, pour ceux que ça intéresse, il s'agit de chauffer le four le plus possible pendant quelques heures et jusqu'à ce que le bois soit tout consummé et qu'il ne reste que des braises et à ce moment on referme tout et la chaleur reste dans la datcha pendant des heures. Bon, bref, nous on a quand même eu un peu froid... Mais c'était vraiment chouette pareil parce qu'on s'est fait un vrai réveillon avec des "zakouski" - petits fours, je dis; craquelins, trempette, salade russe, ce genre de chose et, même, de la vrai dinde absolument délicieuse (pour vrai) bien juteuse et avec une farce vraiment bonne. D'habitude, je n'aime pas trop la dinde, mais là... Et puis, on s'est fait des petits jeux pour remporter des cadeaux - genre mimer des machins ou deviner le nom d'une personnalité et nous avons également eut un échange de cadeaux à 100 roubles (5$, mais ça fait plus impressionnant 100 roubles, il me semble..!) Alors, j'ai remporté un briquet-zippo-téléphone qui sonne comme un cellulaire quand on l'allume. C'est pas très discret mais c'est marrant et en général les russes le trouvent cool (klasna! disent-ils) Quand à moi, j'avais offert un téléphone cellulaire-jouet et des chocolats, alors on a pu passer la soirée à avoir des discussions ficitives à l'aide de nos nouveaux gadgets. Je pense qu'on a bien dû appeler nos famille 150 fois chacun pendantla soirée. Il faut croire que ça manquait quand même un peu... Bon, allez, d'accord, c'était bien comme Noël, mais il faut le dire; un Noël sans famille, c'est pas vraiment Noël... Enfin.

С Новым Годом

Pour le jour de l'an, nous sommes évidemment allés sur la Place rouge, histoire de faire comme les vrais moscovites. À vrai dire, je crois qu'il y a autant sinon plus de gens qui sortent dans les bars pour accueillir le nouvel an. Les prix sont horrible, de 50 à 200$ dans les bars normaux et encore bien plus dans les endroits de friqués. J'ai vu une pub dans une revue pour une soirée à 1000$ (USD - comme ils disent) dans un bar - et là, je ne suis même pas au courant pour les endroits où l'on ne peut accéder que sur invitation seulement (il y a quelques bars comme ça à Moscou; c'est drôle, il me semble qu'à Québec ça n'existe pas, mais bon - peut-être que je suis juste pas au courant). La place rouge, c'était bien, il y avait vraiment beaucoup de monde; c'était rempli! Ce qu'il y a, c'est qu'il aurait fallu arriver plus tôt, parce que quand on est arrivé, à minuit, il y avait le décompte; la folie, les Bonne années! et ensuite c'était fini et tout le monde s'en allait à toute vitesse... Enfin, c'est pas grave, nous sommes quand même restés un peu et ensuite nous avons pu nous balader avec la foule sur Tverskaya - une grosse rue en face du Kremlin - parmi les gens qui dansaient dans la rue et c'était bien. Alors voilà.

À propos de mon retour

Bon, comme vous le savez tous maintenant je crois, j'ai décidé à la toute dernière minute de repousser encore un peu mon départ de Moscou. J'ai simplement décidé de me mettre plus intensivement à l'étude du russe, pous les quelques mois qui me reste ici, et de profiter encore un peu de la vie culturelle quand même excitante de Moscou. Je n'ose pas vraiment me prononcer dans à la date de mon retour, parce que, bon - je commence à perdre toute crédibilité je crois... Enfin, disons que ça sera au plus tard le 18 mai parce qu'après ça mon billet ne sera plus bon. Ah oui, je tiens aussi à préciser que ma décision n'est nullement motivée par quelques rencontres avec quelques russes comme tout un chacun semble le penser! Tout ça, c'est la faute de Moscou, je dis: blame it on Moscou, voilà tout! Bon, d'accord, à bientôt - je vais essayer d'être plus à jour dnas mon blog quitte à écrire de toutes petites mises à jour plutôt que des romans de 900 pages! Tiens, ça sera ma bonne résolution...

À bientôt!

Sunday, January 02, 2005

Épilogue première partie

Bonjour,

À propos des délais:
Il est temps pour moi de partager avec vous l'une des caractéristiques bien typiques des gens russes (attention: risque de généralisation!): ils ont tendance à être en retard - oui, oui, c'est bien vrai. Les professeurs sont presque toujours en retard à leurs cours, les étudiants de même et lorsque les gens vous donnent rendez-vous à 19hres, mieux vaut prévoir un petit délai de 15 minutes... Vous voyez peut-être où je veux en venir? Mon voyage au pays des Soviets tire maintenant à sa fin - néanmoins, il n'est pas dit que je quitterai Moscou sans avoir conclu au préalable le récit, fragmenté certes mais tout de même entêté, de mes aventures dans la ville aux milles et un clochers. (D'ailleurs, à ce sujet, je regardais tout à l'heure un petit livre à propos de Moscou qu'une amie a offert à Hervé récemment, et je me disais qu'il y a beaucoup trop d'églises dans cette ville. C'est joli certes, mais on finit par ne plus les voir.) Bon, alors en guise d'explication, plus ou moins valable il va sans dire, à l'abandon momentanné de mes mémoires moscovites, je dirai que feu l'ordinateur d'Hervé est justement décédé, il y a de cela... plus d'un mois, emportant avec lui tout un texte que je venais tout juste de terminer, comportant notamment le récit détaillé de mon expédition en Sibérie... Eh bien, voilà, c'est raté - vous ne connaîtrez jamais cette partie de mon séjour... Mais non, allons - vous me connaissez mieux que ça n'est-ce pas? Oui, voilà, ayant apporté mon fidèle journal de bord avec moi à bord (ouuuh!) du Trans-Sibérien, et ayant bénéficié il va sans dire, de plus de temps que nécessaire pour pondérer mes découvertes et les noter...bref, pas d'inquiétudes, vous aurez droit à quelques extraits sans plus et non pas à l'intégrale ;) (je précise pour ceux qui craindraient, à juste titre, ma verve enflammée - ok, je me calme!

Bien - Le voyage à Irkoutsk; extraits choisis ;)

24 octobre 2004

"Nous avons quitté Moscou hier à 23h25 et nous voilà en route pour Irkoutsk. La première nuit à bord du train s'est étonnament bien passée - J'ai réussi à dormir! Pourtant il faisait chaud et ça sent mauvais dans le wagon... Maintenant, c'est notre première journée dans le train et mieux vaut s'habituer parce que ça va être la même histoire pour trois jours consécutifs; c'est un peu fou..."

"Il ne s'est rien passé de tout l'avant midi, tel que prévu, mais ce midi il y a eu un arrêt de 20 minutes dans une ville inconnue. En effet, nous ne savons déjà plus où nous sommes."

"Nous avons traversé l'Oural en secret pendant la nuit. Aujourd'hui, nous avons croisé plein de petits villages parsemés de bicoques en bois qui n'ont pas vraiment l'air de maisons. Puis, nous avons rencontré une première précipitation de neige et maintenant les paysages ont tous un petit fond blanc. C'est très beau. Les sapins, les arbres, les champs et les villages tout en blanc. C'est un décor très particulier qui a quelque chose d'à la fois pauvre et rassurant. Tout à l'heure, il y avait tout une section d'arbres dont les branches étaient enveloppées de glace; on aurait dit une forêt de cristal; c'était presque magique."

26 octobre 2004

"Enfin! La dernière journée de train! Demain matin à 4hres nous serons à Irkoutsk. Le temps
a commencé à se faire long hier après-midi, d'autant plus qu'il faisait gris et pluvieux et que la petite neige sympa de dimanche n'y était plus. De plus, mon spoutnik (compagnon de voyage) est devenu grincheux et maussade. Heureusement, ça lui a passé en jouant une petite partie de cochon (8, uno, ce que vous voudrez...)"

"Nous sommes passés par Novosibirsk hier soir vers 10hres - quoique, le temps perd de sa signification compte tenu qu'il y a un décalage de 4hres entre Moscou et ici et il y a encore une heure avec Irkoutsk - bref. Nous n'avons donc presque rien pu voir de Novosibirsk parce qu'il faisait noir mais il m'a semblé que ça avait vaguement l'air d'un gros Lévis de toute façon."

29 octobre 2004 - Listvienka

"Après avoir survécu au voyage en train - dont les derniers moments furent particulièrement pénibles suite à une nuit de bamboche avec deux russes et un Nouveau-Zélandais rencontrés dans le train, nous avons finalement mis pied à terre à Irkoutsk. Grande ville pas trop mal, du peu que j'en ai vu."

"Nous avons finalement trouvé un moyen de nous rendre à la gare de bus (avtovakzal) en négociant fermement avec un chauffeur de taxi aux dents en or et à la chapka de fourrure noire. Il a essayé de nous convaincre tout au long du trajet de nous conduire à Listvienka (un village au bord du lac Baïkal) pour 30$ US. Nous sommes tout de même parvenus à destination après moults "louvoiements" dans les rues tortueuses d'Irkoutsk. Nous avons donc pu bénéficier du tarif des bus de 3$, ce que mon budget serré a grandement apprécié."

"Finalement nous nous sommes rendus sur les rives du lac Baïkal, dans le petit village de pêcheurs de Listvienka; où nous sommes maintenant coincés pour cause de neige. N'est-ce pas ironique? Enfin. Nous sommes arrivés ici mercredi en après-midi. Le temps était superbe. Il faisait beau soleil, la température n'était pas trop froide et le ciel était tout bleu - ce que je n'avais pas vu depuis un bon mois je pense compte tenu qu'à Moscou il fait toujours gris... Bref. Le village est charmant. Tout en côtes, bordé de montagnes jaunes, brunes et vertes. Nous sommes allés faire les chèvres dans les flancs de montagnes. Avec le soleil qui se couchait doucement sur le lac et la lune qui se levait tranquillement au même moment, pleine et grosse. Le lac était absolument époustouflant et immense avec des montagnes aux sommets blancs en arrière-plan."

"Petite péripétie facheuse: hier soir nous avons enfermé la clé de notre chambre à l'auberge dans la dite chambre. Bien sûr, la dame de la réception n'avait pas de double de la clé... Néanmoins, elle a été vraiment sympa et nous a offert une autre chambre pour la nuit et le serrurier est venu ce matin pour débarrer la porte. La seule chose c'est que nous avons manqué le bus de 7hres du matin pour retourner à Irkoutsk parce que nos bagages étaient toujours enfermés dans la chambre maudite."

"Cependant, à présent, un autre pépin; le bus qui devait nous ramener à Irkoutsk ne passe pas à cause de la neige qui s'est mise à tomber cette nuit. Nous devons donc prendre le marshroutka (petite camionnette-taxi à bas prix). Or, celui qui est passé il y a près d'une heure était plein et nous n'avons donc pu le prendre. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre le prochain, lequel passe quand bon lui semble, en espérant qu'il passe bel et bien..."

1 novembre 2004 - Ulan Ude

"Heureusement notre périple, il s'avère, ne s'est pas éternisé à Listvienka plus lontemps que prévu. Nous avons pu reprendre le marshroutka peu de temps après mes dernieres écrits."

"Nous sommes donc retournés à Irkoutsk et nous sommes rendus immédiatement à la gare pour nous procurer des billets de train pour Ulan-Ude (plus à l'est). Le but était d'aller le plus rapidement possible à Oust-Bargouzine, près du lac Baïkal mais sur la rive opposée à Listvienka puis de là, dans la réserve faunique de Zabaïkal qui est située plus au nord et qui est supposée être superbe et sauvage (et qui compose en partie les montagnes aux sommets enneigées que nous avions aperçues quelques jours plus tôt). Une fois les billets achetés, nous avions tout l'après-midi pour relaxer et découvrir Irkoutsk. La ville m'a semblé de taille assez modeste; enfin, disons comme Québec avant les fusions. C'est assez beau d'ailleurs, moins fou qu'à Moscou pour ce qui est de la foule et même dans la structure de la ville. Il y a plusieurs beaux bâtiments mais rien d'extravagant. Comme partout ailleurs, c'est un peu décrépi et plutôt gris mais tout de même agréable. Les deux rues principales s'appellent Marx et Lénine, c'est quand même marrant."

"La nuit dans le train a été plutôt courte. Nous sommes arrivés à Ulan Ude à 5h40 du matin évidemment très fatigués. Comme toujours, nous avons été assaillis par une bande de chauffeurs de taxi, fatigants et harcelants, encore plus qu'ailleurs il m'a semblé. C'est vrai qu'ici nous avons définitivement l'air de des touristes compte tenu que les gens du coin ont des traits très asiatiques (il faut dire qu'on est tout près de la Mongolie maintenant). Il faisait donc nuit et froid et Ulan Ude nous est tout de suite apparu comme un endroit étrange et vaguement dangereux alors que nous attendions le bus. Ça devient d'ailleurs comme une histoire qui se répète: la gare de train (j-d vakzal), la gare de bus (avtovakzal), les marshroutka, les bus, les chauffeurs de taxi vautours, le froid et les gens qui nous regardent comme si nous étions des extraterrestres..."

"Nous avons dû attendre dehors 30 minutes à la gare de bus pour acheter des billets parce que le guichet n'était pas encore ouvert. Il était 7hres du matin et il faisait encore noir comme en pleine nuit, aucune trace de l'aube à l'horizon. De plus, il faisait vraiment froid, j'ai même dû sortir mon dernier chandail en réserve. En plus, j'avais perdu ma tuque la journée précédente et je me suis aperçue à ce moment-là que mon zipper était cassé. Bref, le moral était vacillant et l'idée d'aller se reposer un peu dans l'hôtel miteux le plus proche était assez tentante. D'autant plus que nous allions dans le nord, là où il ferait encore plus froid et moins soleil, le trajet durait 8hres et les bus étaient terribles. Heureusement, dans ce genre de voyage, il finit toujours par y avoir un moment où la chance se pointe et quelque chose de bien arrive au moment où on ne s'y attend plus. Dans ce cas-ci, le heureux hasard avait l'apparance d'un jeune couple: Andreï et Eva - un russe et une allemande qui vivent justement à Oust-Bargouzine dans une petite maison."

"Leur maison est plutôt rustique; ils doivent la retaper complètement. Pour l'instant, il y a la cuisine et la chambre à coucher qui sont fonctionnelles. Et encore, ils n'ont pas l'eau courante, ils doivent la puiser dans un puit; pas de four, simplement un élément chanffant; le chauffage se fait entièrement au bois à l'aide de deux poêles russes - dont le fonctionnement est d'ailleurs assez pariculier; il n'y a évidemment pas de lavabo et la toilette est à l'extérieur. Ils ont aussi deux adorables chats; Maya et Mikesh, tous deux très affectueux."

"En outre, nous nous sommes beaucoup baladés à travers le petit village; en fait pas si petit; il y a quand même 7000 habitants. C'est étourdissant de voir toutes ces rangées de maisons de bois identiques, peintes en bleu, vert et blanc. Puis, nous sommes retournés au bord du Baïkal; le paysage était complètement différent de Listvienka; il y avait une plage de sable et des arbres plantés dans le sable. Je n'avais jamais vu ça. Par contre, il n'y avait pas de montagne, au contraire, les berges du lac de ce côté-ci sont plates et le lac se perd au loin; on ne pouvait plus voir l'autre côté."

"Nous sommes de retour dans le Trans-Sidérien (sic) où vraiment les conditions se désagrègent avec l'usage... Le premier train que nous avons pris à l'aller était quand même comfortable et, surtout, nous étions bien placés et nous avions une table à notre disposition. Le second train, de Irkoutsk à Ulan Ude était moins agréable mais s'était seulement pour une nuit, donc, ça ne dérangeait pas vraiment. Mais maintenant, nous n'avons plus de table, pas vraiment de place pour s'asseoir, à moins d'être avec des baboushka désagrables, il fait chaud, l'odeur est franchement nauséabonde, et les gens nous regardent comme ci nous étions des évadés de prison en cavale! Et on va encore être ici pour 19 heures... Qui plus est j'ai perdu mon livre, 100 ans de solitude sans avoir pu lire la fin et, voilà."

Bon, le reste du voyage ressemble à un long "j'en ai marre", dans le style variations sur le thème: wagon-restaurant parsemé de café extrêmement sucré, de thé avec des tranches de citron et quelques soupes ici et là. De même qu'un tournoi de la mort du fameux jeu du cochon (ou 8 ou uno) de quelque chose comme 100 parties et que personne n'a jamais gagné... Mais, en gros, ça a quand même été très intéressant et surtout agréable comme voyage. Enfin, nous sommes revenus à Moscou sain et sauf, heureux de retrouver notre obshijitie bien rassurant, et un peu moins heureux de retrouver la pollution et la foule compacte, mais ça c'est une autre histoire. ..